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Dylan Rocher face à l'affaire des paris truqués en pétanque

Visé par l'enquête sur des paris truqués à la pétanque, Dylan Rocher réfute toute implication et figure aujourd'hui parmi les neuf personnes poursuivies.

Le micro tendu à Montluçon

Au lendemain de la finale de la troisième étape des Masters de pétanque, disputée le 17 juillet à Montluçon, Dylan Rocher a pris la parole face caméra pour la page Facebook officielle de la compétition. Il venait de s'incliner 13-7 en finale contre l'équipe de Mickaël Bonetto, aux côtés de Stéphane Robineau et Diego Rizzi, mais c'est un autre sujet qui l'attendait : l'enquête sur des paris truqués qui vise une partie des Masters et qui poursuit la pétanque française depuis le début de l'été. Le tireur varois n'a pas cherché à l'éviter. « En dix ans de Masters, je n'ai jamais parié sur quoi que ce soit », a-t-il affirmé, avant d'ajouter : « Maintenant, il faut laisser faire la justice. » Il a également déclaré avoir reçu des menaces de mort de la part de parieurs ayant misé sur ses équipes, et rejeté les soupçons visant sa femme et ses proches, qu'il a résumés d'un « n'importe quoi ». Il a enfin assuré avoir, par le passé, alerté l'ancien organisateur des Masters, la société Quarterback, ainsi que la Fédération française de pétanque, sur les risques que les paris sportifs faisaient peser sur la pétanque.

Paris truqués : ce que vise le parquet de Toulon

L'enquête est partie d'un signalement de l'Autorité nationale des jeux et a été confiée au parquet de Toulon, qui a travaillé environ neuf mois avant d'agir. Le 30 juin, neuf personnes ont été interpellées dans le Var et en Gironde ; l'affaire est devenue publique le lendemain. Les investigations portent sur une partie des Masters disputée le 4 septembre 2025, au cours de laquelle l'équipe France 2, composée de Rocher, Henri Lacroix et Jean Feltain, s'est inclinée 13-4 face à Levallois-Perret. Des mises jugées atypiques avaient été repérées avant la rencontre. Neuf personnes sont aujourd'hui poursuivies : quatre joueurs, dont Dylan Rocher, Henri Lacroix, Jean Feltain et Ligan Doerr, trois parieurs et deux personnes de leur entourage. Les qualifications retenues sont l'escroquerie en bande organisée, la manipulation d'une compétition sportive en vue d'agir sur des paris et le blanchiment. Les gains espérés par les parieurs approcheraient 61 000 euros, pour un préjudice estimé entre 40 000 et 45 000 euros. Tous bénéficient de la présomption d'innocence tant qu'aucune décision n'a été rendue.

Un palmarès qui place le dossier sous les projecteurs

Si l'affaire dépasse le cadre d'un simple concours, c'est en grande partie à cause du nom qui y est attaché. À 34 ans, licencié à Fréjus, Dylan Rocher est l'une des figures les plus titrées de sa discipline : plusieurs fois champion du monde, quatorze fois champion de France, à trois longueurs du record de titres nationaux détenu par Henri Lacroix, lui aussi cité dans le dossier. Il détient par ailleurs le record du monde de tir de précision. Henri Lacroix, 51 ans, reste le joueur le plus capé de l'histoire des championnats de France, ce qui ajoute à la portée du dossier. La saison 2026 de Rocher illustre sa régularité : il a décroché une triple qualification aux championnats de France, en doublette avec Diego Rizzi, en triplette avec Stéphane Robineau et Diego Rizzi, et en triplette mixte avec Diego Rizzi et Catherine Jeanroy. S'il remportait les trois, il rejoindrait Lacroix à dix-sept titres nationaux. Cette exposition explique l'ampleur médiatique prise par une procédure qui, sans lui, serait sans doute restée cantonnée aux pages régionales.

Fréjus, la saison en cours et le procès de 2027

Dans l'immédiat, rien ne change pour le joueur sur le plan sportif : aucune suspension n'a été rendue publique par la Fédération française de pétanque ou par les organisateurs des Masters, et Dylan Rocher a continué de disputer les étapes de la compétition tout au long de l'été. La suite se jouera devant le tribunal correctionnel de Toulon, où le procès des neuf personnes poursuivies est annoncé pour juin 2027. D'ici là, les prévenus restent présumés innocents et la Fédération n'a pas communiqué de position sur d'éventuelles sanctions disciplinaires internes. Le dossier judiciaire et le calendrier sportif du joueur, entre championnats de France et Masters, vont donc avancer en parallèle pendant près de deux ans. Rocher, lui, s'en est tenu à une ligne unique depuis Montluçon : il conteste toute implication, rappelle n'avoir jamais parié en dix ans de Masters et renvoie à la décision des juges. Aucune audience intermédiaire n'a été rendue publique à ce stade, et les parties n'ont pas commenté le fond du dossier au-delà de ce démenti.